Salon du Cheval & L’équitation western : analyse d’une détermination

L’équitation Western et le salon du Cheval, une histoire assez complexe, 2017 signe ou re-signe une volonté certaine de l’organisation de voir notre équitation revenir au devant de la scène, 2013 ayant signé une magnifique édition, il est donc tout à fait possible de créer de nouveaux liens, mais encore faut-il que la confiance règne.

Jessica Gordon, à présent directrice du Salon, ancienne compétitrice de reining, possède une lourde charge sur les épaules avec l’attente des professionnels du western qu’elle connaît très bien, elle est comme qui dirait « attendue » au tournant depuis ces deux dernières années suite à sa prise de poste, mais il est bien évident que sa responsabilité ne s’arrête pas à l’équitation américaine, sa mission première étant de donner un souffle nouveau au Salon du Cheval dans sa globalité, effectuer un « virage sportif », de mettre en avant le monde de l’élevage et toucher le grand public. C’est donc un jeu à haut risque, jongler entre son amour pour le western, et créer une nouvelle dynamique générale. Difficile de contenter tout le monde quand on ne possède pas forcément toutes les cartes en main, à l’inverse de ce que pensent les gens.

On compare souvent Equita’Lyon et le Salon du Cheval, et l’on dénigre bien souvent le côté western de Paris/Villepinte, mais vu de mon oeil, ils sont à l’opposé. La différence se place sur le budget, les sponsors, Lyon consacre un hall complet, une carrière 100% dédiée au reining, à la performance ou au cutting, des gains qui attirent les cavaliers internationaux, qui eux ne viennent pas prospecter mais gagner, une programmation intense sur cinq jours qui attire la foule, curieuse, avec la sensation de toucher du bout des doigts l’élite, et les commerçants s’y retrouvent alors, et c’est en fin de compte une véritable réunion de professionnels qui se crée, la foule attire la foule. Et donc on se dit que le nerf de la guerre est bien l’argent mais il faut alimenter ce dernier.

Paris représente un énorme potentiel en terme de futurs clients ou cavaliers, mais toujours vu de mon oeil, la mise de départ se situe de l’autre côté de la balance, le western en pâtit en terme de budget, mais Jessica se bat, lance un nouvel appel aux professionnels, créé le mouvement en faisant revenir le show, propose du reining, de la performance, une dotation, et même du cutting, véritable casse-tête sur le sol parisien, elle veut démontrer que le western a sa place, mais les exposants sont frileux, les compétiteurs également, ils attendent beaucoup plus, ils désirent le miroir de Lyon, une carrière dédiée, un hall western, mais l’heure est à la reconstruction, il faut hélas prouver et encore prouver que le western a sa place à Paris afin de décider le déblocage de nouveaux budgets, de sponsors. Et on a pu constater que le public a répondu présent, il était dans l’attente, le mot déception circule sur les réseaux sociaux, mais les professionnels fidèles qui ont répondu présent saluent la volonté et la détermination de Jessica, ils veulent travailler, ils ont besoin de travailler, ils font partie intégrante de la filière cheval, ils se dévouent sur place et déplorent l’absence d’autres professionnels afin de créer le même engouement que possède Lyon, comment croire au western si le western est absent ? C’est le chien qui se mord la queue.

Pour ma part, j’ai passé un excellent moment en compagnie des personnes présentes, bien entendu je suis sur un terrain connu mais je salue le professionnalisme de tous, l’entraide, et la qualité des prestations proposées. On a pu assister à un superbe show de cutting, à de belles prestations de performances, le tout peut-être un peu décalé en terme de programmation par rapport aux visiteurs, mais aucun regret sur le côté show et ambiance. Bravo à tous les compétiteurs présents toutes disciplines confondues. Et merci à Jessica Gordon et son équipe.